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DECLARATION PRELIMINAIRE
Paris, le 22 juin 2010
Monsieur le directeur, Comme l’ensemble des salariés français, les cheminots sont concernés par la réforme des retraites concoctée par le gouvernement. Cette réforme n’est ni juste, ni équitable. Ce sont les salariés qui vont en subir le coût, alors que les revenus du capital ainsi que les entreprises ne seront mis à contribution qu’à la marge. Avec cette réforme, le système français des retraites sera le plus dur d’Europe. Aucun autre pays ne prévoit d’accorder une retraite à taux plein après 41 ans ½ de cotisations ou à l’âge de 67 ans en 2023. Et encore, cela ne devrait être que transitoire, puisque les travaux du C.O.R (Conseil d’Orientation des Retraites) prévoient un allongement de la durée de cotisation à 42 ans ½ voire 43 ans, ainsi qu’un âge d’ouverture des droits à 63 voire 65 ans. Dans notre entreprise, le régime spécial de retraite, élément majeur du contrat moral de travail conclu entre la SNCF et les cheminots, est particulièrement visé par le parti au pouvoir. Les dirigeants de ce pays considèrent, à tort, que tous les salariés doivent être logés à la même enseigne, et préconisent le nivellement par le bas. Ils oublient les raisons de l’existence de notre régime spécial, liées aux conditions particulières d’exercice de la profession de cheminot.
Ces particularités, et bien d’autres sont ignorées par ceux qui ont du être refoulés aux tests d’embauche, ce qui expliquerait un peu leur rancœur. En continuant sur la lancée de la réforme de 2007 qui, rappelons-le, a été combattue par l’ensemble des organisations syndicales de la SNCF, à l’exception notable de la FGAAC aujourd’hui disparue, le gouvernement renie les engagements qu’il a pris à l’époque sur la pérennité du régime spécial et sur ses particularités, notamment l’âge d’ouverture des droits à 55 ans (50 ans pour les ADC).
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