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| CCE du mercredi 19 mai 2010 |
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Déclaration préliminaire
Monsieur le directeur,
Une fois de plus, c’est une actualité sociale surchargée qui constituera le fil rouge de cette déclaration préliminaire de l’UNSA.
Le document établi par le sénateur GRIGNON, intitulé « Pour une ouverture progressive à la concurrence des services de transports ferroviaires régionaux de voyageurs » a bénéficié de fuites savamment organisées.
Sans surprise, ce rapport insiste sur les bienfaits supposés d’une libéralisation des TER.
L’UNSA a immédiatement réagi aux élucubrations proposées, dont certaines sont reprises obligeamment par des dirigeants de la SNCF, à moins que ce ne soit l’inverse, et que le sénateur ait repris à son compte certaines théories mises en avant par Proximités.
Le transfert automatique des personnels, pour ne citer que cet exemple est pour l’UNSA une hérésie. C’est avec la SNCF qu’est conclu notre contrat de travail, et non pas avec Proximités. Il est donc juridiquement impossible de transférer un agent sans son accord, et l’UNSA utilisera tous les recours juridiques pour faire valoir ce point de vue.
Le climat social interne à la SNCF semble enfin être revenu à un niveau acceptable, après une période de conflictualité intense au mois d’avril, caractérisée par un conflit plus long que ceux des retraites de 2003 et 2007.
Chaque organisation syndicale s’est positionnée durant ce conflit selon ses propres orientations.
L’UNSA ne donne de leçon à personne, mais n’a pas non plus à en recevoir.
Après des pressions multiples, voire des agressions physiques durant le conflit, des tracts orduriers et diffamatoires, des déclarations pleines d’aigreur et de rancœur se multiplient.
Dans plusieurs cas, des plaintes ont été déposées par des adhérents. L’UNSA leur a fourni une assistance juridique et entend bien aller au bout des procédures engagées.
Comme lors de la période conflictuelle d’avril, l’UNSA entendait se concentrer sur le principal dossier social du printemps, à savoir les retraites.
Le document d’orientation remis aux organisations syndicales dimanche 16 mai au soir, même s’il ne contient aucun chiffre, voire même parce qu’il ne contient aucun chiffre, valide toutes les craintes.
Le gouvernement veut faire payer une nouvelle fois la note aux seuls salariés actifs, sans modifier l’assiette des cotisations.
En ce qui concerne les régimes spéciaux dont le nôtre, les « évolutions s’appliqueront dans le respect du calendrier de mise en œuvre de la réforme de 2007 ».
En clair, la nouvelle réforme produira ses effets à partir de 2016, c’est-à-dire pour les agents nés en 1961, aujourd’hui âgés de 49 ans.
Cette nouvelle attaque est pour l’UNSA inacceptable.
C’est pourquoi l’UNSA appelle les cheminots de tous services à un arrêt de travail pour la journée du 27 mai et à se joindre massivement aux manifestations organisées ce jour là.
L’UNSA interpelle également la direction de l’entreprise sur les impacts financiers, en termes de masse salariale, qu’une nouvelle dégradation des retraites provoquerait.
L’allongement de la durée de cotisation, ou le recul de l’âge d’ouverture des droits, qui provoqueront un accroissement de la décote, amèneront les cheminots à différer de deux années de plus leur date départ à la retraite.
Aujourd’hui déjà, nous constatons les blocages que cette situation provoque en termes de déroulement de carrière. Une nouvelle dégradation risquerait de faire exploser le système actuel, avec tous les coûts sociaux et salariaux que cela entraînerait.
L’UNSA espère sincèrement que la raison l’emportera, et qu’aucune mesure concernant notre régime spécial ne sera discutée avant juin 2019, fin de la période de mise en œuvre de la réforme de 2007.








