Vite !... Dépêchons-nous de ralentir…
Les mois se suivent et se ressemblent. Force est de constater que la contestation est bien ancrée dans le paysage social depuis le début 2010. Les régressions sociales, comme celle des futures retraites, jettent dans les rues des manifestants de plus en plus nombreux. Les salariés du public et du privé mènent le même combat conscient de l’injustice de cette réforme. Le gouvernement fait-il semblant de ne pas entendre la grogne et l’exaspération grandissantes ? Ou alors déconnecté des réalités, aux ordres des directives européennes, sous la coupe des agences de notations, il ne mesure pas l’insoutenable réalité quotidienne de millions de personnes ? Le ras le bol rassemble les salariés qui ont bien compris que la solidarité s’impose. Diversité et solidarité peuvent s’unir pour échapper à l’individualisme, au corporatisme.
Les réformes s’empilent et d’autres s’annoncent... Que restera-t-il d’années de progrès social ?
L’Action Sociale, elle, n’a jamais été autant impactée par les réformes structurelles de l’entreprise. Une course poursuite tente de rattraper les évolutions engagées dans de nombreux domaines. La généralisation du CESU(*) se fera avant même une nouvelle version d’IDAS(*), malgré toutes les difficultés qu’ont dénoncées les travailleurs sociaux ayant expérimenté la nouveauté. Qu’importe ! Leur parole n’est pas entendue. La fermeture des caisses de gare précipite la mise en place des cartes bancaires. Toutes les alternatives ont-elles été examinées ? Toutes les inquiétudes ont-elles eu une réponse ? Les offres de service se multiplient et rattrapent des bénéficiaires souvent en souffrance....Il en est de même pour les réorganisations des CAS(*) qui se poursuivent, à l’image de la mise en antenne du CAS de Bischheim présenté à la CoFASS du 30 septembre pour une mise en place le 1er octobre. Même si ce changement n’est pas « fondamental » pour les responsables l’Action Sociale, il est représentatif à la fois de l’état d’esprit du dialogue social, du peu de temps accordé à la concertation et du manque de prise en considération réelle des besoins des bénéficiaires (l’organisation prime sur les besoins).
Les travailleurs sociaux accumulent les changements et découvrent au fur et à mesure de nouvelles contraintes compliquant leur travail quotidien. Tous ces changements vont trop vite et les mesures d’accompagnement demandées sont balayées par une fin de non-recevoir. L’addition des petits foyers de crispation grossit le nombre de salariés mal à l’aise au travail, en état de stress, de fatigue intellectuelle.
Les représentants des personnels ont alerté maintes fois le département du manque de temps ainsi que sur les procédures excessives mises en place au détriment de la souplesse et de la confiance dans la compétence des professionnels. Pour l’UNSA, il est important de faire partager et d’anticiper tous les effets secondaires des changements que subissent les bénéficiaires.
Autant sur le CESU(*) que les cartes affaires, de nombreuses questions sont restées sans réponse. L’UNSA demande aussi depuis des mois la tenue d’un GT(*) pensionné pour anticiper les évolutions des politiques sociales qui impactent les bénéficiaires. Un ‘’non’’ ferme du Président ne clôt en rien les problématiques émergentes des pensionnés.
Le département adopte la même attitude que les Pouvoirs Publics pour accélérer les changements tous azimuts. Vitesse et précipitation, minimum de concertation, absence de négociation, fait accompli ….Plus personne n’a le temps d’attendre et l’espace-temps se dérobe sous nos pieds.
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