En l’espace de quatre ans, le paysage médical français a considérablement évolué. L’assurance maladie chroniquement déficitaire a poussé les Pouvoirs Publics à une course effrénée aux économies.
- L’année 2009 a vu naître la réforme de l’assurance maladie et la mise en place des ARS (Agences Régionales de Santé). Cela va considérablement impacter notre réseau de soins SNCF dont l’offre est déjà fortement réduite
- La loi de simplification des droits du 12 mai 2009 a mis fin au régime dérogatoire de la médecine de travail à la SNCF.
- La loi ORTF du 8 décembre 2009 relative à l’organisation et à la régulation des transports ferroviaires a instauré l’obligation d’obtention d’une licence pour les conducteurs dont la fréquence des visites d’aptitude sécurité est repoussée à 3 ans.
- La réforme de la biologie médicale a pris forme par l’adoption d’une ordonnance n° 2010-49 du 13 janvier 2010 réformant les conditions de création, d'organisation et de fonctionnement des laboratoires de biologie médicale. Les conditions de prélèvements sanguins sont également aménagées. Sont notamment concernées par cette disposition les infirmières réalisant des prélèvements pour le compte du laboratoire de biologie médicale.
- La proposition de loi relative à la réforme de la médecine du travail actuellement en cours bouleversera l’existant et le mode de suivi des salariés. Elle révolutionnera notre service médical et le mode d’exercice des professionnels qui le composent.
La SNCF n'est pas en reste en matière de réorganisations. La séparation des médecines de travail et de soins est quasi effective, la partition avec la médecine d’aptitude sécurité doit être finalisée pour fin juin 2011. En revanche, si l'Entreprise doit être légaliste, cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Aujourd'hui, le tribu est lourd à payer pour le Service Médical, ses professionnels et a fortiori pour l'ensemble des agents de l'Entreprise dont la protection sociale est constamment revue à la baisse.
Les professionnels de santé sont touchés à tous les niveaux. Les médecins, dont la plus-value n’est pas reconnue par leurs dirigeants, doivent faire un choix d’exercice professionnel, pas forcement de gaieté de cœur. Ces nouvelles législations ne sont pas sans conséquences pour les infirmières que l’Entreprise veut spécialiser alors que leur décret de compétence leur attribue une polyvalence. La réforme de la biologie ajoute une incertitude sur l’avenir des laboratoires et l’organisation des prélèvements sanguins. L’accréditation obligatoire permettra-t’elle de poursuivre l’articulation des laboratoires avec le réseau des cabinets médicaux ?
Dans une entreprise dont le maître mot est « réduction des coûts », le réseau des cabinets médicaux, laboratoires, services de radiologie et kinésithérapie est fortement mis à mal : fermeture des structures de façon définitive ou ponctuelle, postes découverts, désorganisation dans la gestion des visites médicales, épuisement et démission du personnel subissant des problèmes récurrents. Quant aux hiérarchiques de proximité, comment bien faire avec les moyens qui leurs sont donnés ?
En outre, l'UNSA-Cheminots dénonce la déconsidération des dirigeants envers les médecins et infirmières, les personnels des laboratoires et de la radiologie ainsi que l'ensemble des secrétaires médicales.
Il est urgent que l'entreprise instaure une politique permettant d' attirer et de garder son personnel au sein de ce service, plus facile à casser qu'à reconstruire. L'UNSA-Cheminots y travaille.
Pour l’UNSA-Cheminots, ces lois et réformes, se cumulant à la pénurie médicale et à la réforme des études paramédicales, doivent déboucher sur des horizons nouveaux pour ces personnels. L’Entreprise doit prendre la mesure de la situation pour enfin reconnaître leurs compétences et permettre un déroulement de carrière à l’instar des autres filières de l’Entreprise.
La technicité et la responsabilité doivent être actées avec l’attribution du code prime 3. Un travail approfondi sur les parcours professionnels, dans un cadre de réel dialogue social, doit être effectué et des passerelles doivent être mises en place.
Une vraie politique d’embauche des personnels paramédicaux, compte tenu de la pénurie actuelle sur le marché du travail doit être mise en place. L’ancienneté et l’expérience acquises hors entreprise doivent être prises en compte, le niveau d’embauche des personnels paramédicaux doit être revu avec la prise en compte de la valorisation des diplômes au niveau licence.
Le service médical et ses acteurs doivent avoir un rôle central dans la prévention et la prise en charge des risques psychosociaux.
L’UNSA-Cheminots a fait des propositions autour de cette problématique et exige que l’Entreprise se dote de moyens humains et financiers en conséquence. Non seulement les effectifs médicaux et paramédicaux doivent être conservés en remplaçant tous les départs, mais l’Entreprise se doit de pourvoir les postes vacants avec une politique de recrutement offrante, adaptée à la pénurie des professionnels. Toutes les activités médicales (travail, aptitude sécurité et soins) doivent être maintenues dans l'Entreprise, ce qui assurerait la pérennité des métiers.
En outre, l’UNSA-Cheminots ne peut pas passer sous silence tous les nouveaux enjeux de la médecine de santé au travail, de l’évolution du travail avec ses composantes de globalisation et de restructuration, de nouvelles technologies, de flexibilité et précarité, de pression du temps associés à un vieillissement de la population au travail. L’Entreprise doit le mesurer et donner les moyens au Service Médical de mener à bien ses missions dans le cadre d’une politique contractuelle ambitieuse.
Craintes, interrogations et hypothèses demeurent nombreuses sur la médecine de travail, de soins et d’aptitude dans un service unique en son genre dont la plus-value doit être reconnue.
Les personnels des services médicaux ne demandent que de travailler dans la sérénité, s'épanouir au travail et pouvoir remplir leurs missions au service d'autrui.
Pour l'UNSA-Cheminots, dans l’entreprise de demain, le service médical et les professionnels qui le composent, sont et doivent rester les maillons essentiels de la santé des cheminots.